ART | exposition Ecritures de Lumière, 31 mai - 29 juillet 2012
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MULTIMEDIA | ASSISES EDUCPOPTIC 2.0, 22 mai 2012, journée en Charente-maritime, Palais des congrés de Rochefort
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Michel Blazy aime à se dire sculpteur, suivant l’idée que sculpter suppose une
expérience du matériau. Aussi sa palette de matières est-elle vaste. On y trouve autant
de la purée de carottes ou de brocolis, des bouteilles et des sacs en plastique ; du papier
toilette et essuie-tout, des croquettes pour chien et chat, du coton, des graines de lentilles,
des bonbons, des crèmes dessert, des flocons de pommes de terre, de la craie, des pâtes,
de la mousse à raser, des colorants alimentaires
(...)
« Les matériaux que j’utilise sont ceux dont je me sers à la maison, précise Blazy. C’est une façon de les observer, de mieux les connaître, de
savoir de quelles molécules ils sont constitués. On peut acheter une Danette, ou n’importe
quel produit pour le consommer, mais on peut aussi tenter de relier le cosmos avec son
réfrigérateur si l’on observe ces produits après leur date limite. »
(...)
Le vivant plus que la nature
On pourrait croire que Blazy est un artiste qui travaille uniquement avec (et parfois
dans) la nature, comme le montrent certaines oeuvres intégralement réalisées à partir de
plantes vertes d’origines diverses, mais ce n’est là qu’un des aspects de son travail. La
Vie des choses, accueillie dans l’espace vitré du Musée d’art moderne de la Ville de Paris-
ARC, présentait ainsi en 1997 un environnement végétal se développant pendant la durée
de l’exposition au sein d’un espace entièrement recouvert de serpillières. Plus récemment,
le Jardin Volant, conçu en 2003 pour le Château d’Oiron, comprenait deux espaces :
le Jardin exotique, composé de plantes en pot et d’un grand ver en coton suspendu et
progressivement recouvert de lentilles, ainsi que le Tattoo Garden – Jardin à la française
réalisé à l’aide d’une bâche en plastique découpée en forme de labyrinthe, posée à même
le sol et dont les parties évidées laissaient voir un tapis d’herbe grandissant et dessinant un
motif ornemental. Aux antipodes d’un monde véloce, Blazy choisit délibérément la lenteur,
au risque d’être perçu comme anachronique. Les modifications intrinsèques des matériaux
utilisés requièrent en effet le regard patient de l’observation. Aucune des oeuvres ne peut
s’appréhender dans l’immédiateté ; chacune d’elles au contraire est douée de vie, autrement
dit d’une durée et d’une temporalité propre. Blazy ne cesse de répéter que seul le vivant
l’intéresse, et non la nature. Aussi, dans cette complexe et nébuleuse catégorie subsumée
par la notion de vivant, sans cesse redéfinie par les biologistes, l’artiste se place-t-il du côté
de la science. Il réalise des expériences très simples afin de s’approcher au plus près
de n’importe quelle forme vie, d’aller plus avant dans la compréhension des mécanismes
de base d’un système vital s’auto-organisant et par là revenir au degré zéro de la vie : « La seule chose que le travail revendique c’est sa propre existence. […] Mon modèle de
fonctionnement serait plutôt l’insecte : sa manière de produire une architecture avec ce qui
l’entoure, l’efficacité avec laquelle s’articulent la forme, la fonction et l’environnement. »
(...)
Valérie Da Costa
Extraits du catalogue d'exposition MICHEL BLAZY ex croissance, Rurart (2010).