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| Macbeth / Gosch / Shakespeare |
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4 > 25 FEV
2007 |
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24 > 25 FEV 2007 |
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Düsseldorfer
Schauspielhaus Production |
| spectacle en allemand surtitré |
| Traduction et régie surtitres Jörn Cambreling |
| Durée du spectacle 2h45 | |
| Nous souhaitons vous informer
que certaines scènes de Macbeth peuvent heurter
votre sensibilité. Nous ne conseillons pas ce spectacle aux jeunes spectateurs. |
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| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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Macbeth rentre victorieux du champ de bataille, le sang de la guerre lui colle encore à la peau. Avant que le roi ne l'en récompense par de nouveaux titres, trois sorcières lui prédisent une future dignité royale : l'ambition de Macbeth s'en trouve attisée, et il s'avère bientôt qu'il est capable de meurtre pour réaliser sa volonté de pouvoir. Poussé par sa femme Lady Macbeth, il s'enfonce toujours plus dans la spirale de la violence, jusqu'à ce que les mystérieuses prophéties des sorcières finissent par se retourner contre lui... La tragédie de Shakespeare est une analyse lumineuse de ce cercle vicieux du Mal et de la soif du pouvoir, des masques qui dissimulent la peur et de la propension humaine à la violence. Jürgen Gosch, un des metteurs en scène allemands les plus en vue actuellement, met en scène l'histoire telle que l'écrivit Shakespeare : radicale et physique, hideuse et brutale, mais aussi brillante et comique. L'homme apparaît comme un être nu et sans défense, emporté par le tourbillon de ses pulsions : une mise en scène profondément dérangeante, qui dévoile avec précision la monstruosité de la pièce. La provocation ne réside cependant pas dans le fait de reconstruire avec réalisme la violence shakespearienne sur le plateau, mais dans la présence absolue, quasi animale des sept comédiens, tous masculins. Un théâtre d'acteurs fulgurant dans sa corporéité. Macbeth a été saluée comme l'une des dix meilleures mises en scène en Allemagne dans le cadre du Theatertreffen de Berlin 2006. La pièce a été présentée avec succès à Munich, aux Festwochen de Vienne, dans le cadre du Holland-Festival et à Prague. |
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© Sonja Rothweiler |
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© Sonja Rothweiler
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| On dit que le sang veut du sang ... | |
| Macbeth de William Shakespeare, dans une mise en scène de Jürgen Gosch |
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Jürgen Gosch, né en 1943
à Cottbus, suit la formation de l'école de théâtre
Ernst Busch à Berlin (Est) de 1962 à 1964. En 1967,
il fait ses débuts en tant que metteur en scène au
théâtre de Potsdam. En 1978, sa mise en scène
de Léonce et Lena de
Georg Büchner à la Volksbühne de Berlin, qui critique
le système est-allemand, est interdite. La même année,
il quitte la R.D.A. pour travailler en Allemagne de l'Ouest, où
il travaille par la suite au Théâtre National de Hanovre,
aux théâtres de Brême et de Cologne. Entre autres
travaux de mises en scène, on citera Les
Bas Fonds de Gorki, Le
Misanthrope de Molière, Oedipe
de Sophocle, récompensé par le Prix Européen
du théâtre à la Biennale Théâtre
de Venise en 1985. En 1989, il succède pour un an à
Peter Stein et Luc Bondy à la tête de la Schaubühne
am Lehniner Platz. De 1993 à 1999, il met en scène
au Deutsches Theater dirigé par Thomas Langhoff, maison où
il est de nouveau metteur en scène associé à
partir de la saison 2006/2007. |
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© Sonja Rothweiler
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| "Le beau est affreux et l'affreux est beau" (Macbeth I,1) | |
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La scène est un grand cube gris.
Presque vide. Quelques chaises en plastique, des tables, une grande
feuille de papier à l'arrière-plan, comme un drapeau.
Sept hommes apparaissent, comme si de rien n'était, la lumière
reste allumée dans la salle. |
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"Voulaient-ils se baigner dans des
blessures fumantes |
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Dès lors, le faux sang se met à couler. Les hommes -car ceci reste une affaire d'hommes- glissent, se bousculent, se vautrent dans la peinture, l'eau, la farine, la mousse au chocolat. Tous les moyens sont simples et clairs, ils sont pur théâtre. Mais leur effet est radical. Avec ses comédiens et son scénographe, Jürgen Gosch s'est plongé dans la lecture du Macbeth de Shakespeare avec la minutie qui fonde sa réputation en tant que metteur en scène. La pièce est la plus impitoyable et la plus dérangeante de l'oeuvre de Shakespeare, et la mise en scène le révèle d'emblée avec violence : nous sommes dans un désert abandonné de Dieu, vide de sens, une Création déchue dès le départ. Sur la scène, c'est le chaos qui progresse dans un rythme effréné. On déchire le papier qui servait de toile de fond : Macbeth détruit le texte civilisateur, le pacte de société, qui, il y a un instant encore, mettait lomniprésence de la violence au service d'une domination légitimée. Mais Macbeth, tueur professionnel dans une culture de la guerre, entre bientôt dans les rouages d'une violence pulsionnelle, et retombe ainsi dans un état de nature barbare. La violence, chez Shakespeare, est une part irréductible de l'humain. Elle fonde la radicalité de la pièce. |
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"Imaginations ! C'est encore une image créée par votre frayeur... " (Macbeth III, 4) |
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"Parmi toutes les pièces de Shakespeare, Macbeth est celle qui constitue le plus nettement une "tragédie du sang", non seulement à cause des meurtres, mais également parce que l'imagination de Macbeth est en soi sanguinaire. Macbeth, l'usurpateur, évolue constamment dans une fantasmagorie du sang : le sang est le véritable objet de son imagination" écrit Harold Bloom, spécialiste de littérature. Il manque à Macbeth ce qui fait de Hamlet, Yago ou même Richard III des êtres de raison : il n'est pas en mesure de comprendre la tragédie elle-même. Pourtant, il est torturé par la conscience de faire le mal et de devoir sans cesse corriger son propre destin par le meurtre. L'horreur de son pouvoir d'imagination est attisée par les sorcières et Lady Macbeth, jusqu'à ce qu'il se noie lui-même dans ses fantasmes criminels et ses hallucinations. Mais rien ne vient arrêter la descente aux enfers. Macbeth est le drame de Shakespeare qui pousse au plus loin l'intériorisation, car il joue avec la terreur que l'on peut ressentir devant sa propre imagination, celle qui peut faire de nous des voleurs et des assassins. Il n'y a, dans Macbeth, aucune échappatoire, aucun "refuge dans le sacré" (Bloom), et, de ce fait, aucun espace pour l'esthétique sublimé. |
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"Nous avons tronçonné, mais non tué le serpent." (Macbeth III,2) |
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Rien, dans cette mise en scène,
ne nous réconforte, rien ne nous protège de l'oppression
de la terreur, aucune psychologie, aucune sociologie : Jürgen
Gosch met en scène une folie existentielle, devenue
physique, inscrite dans ce qui fait l'humain, par delà la feuille
de vigne de la civilisation. Lorsque
Lady Macbeth, la poitrine
velue, celle d'un homme, en jupe plissée et talons aiguilles,
manipule son mari en lui suggérant de tuer le roi, elle le
séduit telle le serpent. Le crime originel est joué
de manière conséquente : il dévoile l'humain,
le met à nu. |
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"Mettre en scène Macbeth avec des comédiens nus, ce n'est pas une lubie du metteur en scène, mais une idée qui s'est imposée au fil des répétitions. (...) A un moment, nous avons été convaincus que les trois sorcières devaient être nues et par la suite, les choses s'enchaînent : le mode de narration défini devient pertinent pour l'ensemble de la pièce", explique le scénographe Johannes Schütz. La nudité ne montre pas seulement l'Homme dans sa vulnérabilité, elle traduit le fait qu'il a été chassé du paradis. |
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"Mystérieuses et noires larves de minuit, que faites-vous ?" (Macbeth IV,1) |
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Saturé d'énergie, le théâtre
développe ici des images extrêmes, venant dire une chute
de Macbeth qui ne lui permet
aucun moment de recul. Une fois mise en marche, la spirale du Mal
ne s'arrêt plus. La scène nous raconte une retombée
dans le temps d'avant la modernité, jusqu'à la présence
de sorcières, ces occultes "êtres d'un monde ancien",
selon la formule que l'on trouve dans la source de Shakespeare, les
Holinshed's Chronicles of England, Scotland and Ireland de
1587. Nous sommes plongés dans un âge de la sorcellerie,
un imaginaire sombre qui renvoie toujours à la sexualité
et à l'ambivalence démoniaque. Pour les hommes, les
sorcières et leur persécution ne représentaient
pas seulement un danger effrayant, mais constituaient aussi un spectacle
cruellement excitant. Macbeth
est livré aux esprits de la nuit, son désir s'enflamme
aux vagues prophéties des sorcières, dont il force lui-même,
meurtre après meurtre, la réalisation. Chez Shakespeare
également, ces démons sont des êtres équivoques,
grossiers, vulgaires et brutaux. Jürgen
Gosch met donc en scène leur rencontre avec Macbeth
sans dissimulation aucune. Avec des outils théâtraux
qui ne sont plus simulacres, puisqu'il les présente toujours
comme tels, c'est-à-dire instruments de l'imagination. L'art,
telle est la devise, doit transgresser également les frontières
de la convention. Celles-ci ne sont cependant pas seulement celles
de la sauvagerie : régulièrement, la mise en scène
parvient à ménager des pauses à travers
des images poétiques, ou révèle par le comique
les points faibles de l'humanité. Et lorsque peu avant
la fin, Macbeth redresse cette
couronne de carton trop grande qui lui glisse sans cesse sur le front,
et pressent la libération que lui apportera la mort, une grande
partie de la fureur est épuisée. |
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| Barbara Engelhardt | |
| Dans la presse | |
| "Macbeth" au poil. Adaptation scatophile mais sobre (et en allemand) à Bobigny. René Solis. 24 février 2007. Libération. | |
| Macbeth. Télérama. 20 février 2007. | |
| Macbeth. Patrick Sourd. Les inrockuptibles. 20 février 2007. | |
| Düsseldorfer SCHAUSPIELHAUS site |
| Biographie de Jurgen Gosch sur Wikipedia
en allemand site |
| Biographie de Jurgen Gosch sur le
site du Goethe Institut en français site |
| Le monde entier est en scène.
Article de Christine Dössel sur Deutschland.online faisant référence
à divers metteurs en scène programmés lors des
différentes éditions du Festival Le standard idéal. site |
| Düsseldorfer Schauspielhaus site |
