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Kriegsfibel / Angerer / Brecht, Eisler
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4 > 25 FEV
2007 |
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| 15 > 17
FEV 2007 jeudi à 20h30, vendredi et samedi à 19h. salle de répétition |
| Kathrin Angerer |
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Texte Bertolt Brecht Musique Hanns Eisler avec
Kathrin Angerer, Chant Production Polyphenia, Martin Proszek, Stefan Stollfuss |
| Spectacle en allemand |
| Les textes qui apparaissent en projection sont extraits de la traduction de Jean-Paul Barbe (Arche) |
| Durée 55 mn | |
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| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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En 1955, Bertolt Brecht publie le Kriegsfibel, une série de soixante-neuf photographies accompagnées à chaque fois d'un quatrain, collectées durant des années dans les journaux, instantanés et documents sur la guerre et ses conséquences. Brecht s'alarme des nouveaux fronts de la froide et du refoulement de ce qui vient d'être vécu. Deux ans plus tard, Hanns Eisler met en musique quatorze de ces "photoépigrammes" et crée des morceaux courts, véritables concentrés aux contrastes forts. L'adaptation de Jörg Mischke a fait naître des reprises dont les arrangements soulignent les mélodies entraînantes aussi bien que les harmonies marquées. Un accordéon, un fluegelhorn, un piano, et la grande actrice Kathrin Angerer, que l'on a déjà pu applaudir à la MC93 dans les mises en scène de Frank Castorf. De sa voix claire, tout à la fois fragile et résolue, elle confère aux chansons une véritable dimension personnelle. Tandis que les photoépigrammes sont projetés à l'arrière-plan, Kathrin Angerer et les musiciens parviennent de quatorze étonnantes façons à décrire la guerre. Cinquante ans après leur composition, les chansons de Brecht n'ont rien perdu de leur pertinence et de leur actualité. Les lieux du conflit changent, les motifs sont certes différents : l'horreur de la machinerie guerrière demeure la même. |
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© Detlev Schneider
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Kathrin
Angerer, née en 1970, s'est vue refusée l'entrée
de plusieurs écoles de théâtre. Elle opte finalement
pour un cours de théâtre privé, à l'issue
duquel elle est engagée d'emblée pour un spectacle mis
en scène par Frank Castorf, La
dame de la mer d'Ibsen. Elle intègre, ensuite, la troupe
permanente de la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à
Berlin. Elle a joué dans une très grande partie des
mises en scène de Frank Castorf, directeur de la Volksbühne,
entre autres dans : Pension
Schöller/La bataille de Carl
Laufs et Heiner Müller (1994), La
cité des femmes d'après Fellini (1995), L'acier
coule comme de l'or/ la route des chars de Karl Grünberg
et Heiner Müller (1996), Trainspotting
d'Irvine Welsh (1997), Hauptmanns
Weber (1997), Les Mains sales
de Jean-Paul Sartre (1998), Démons
de Dostoïevski (1999), Henry
VI, 1-3 de Shakespeare (1999) et L'oeuvre
obscène : Caligula d'après Georges Bataille et
Albert Camus (2000), Endstation Amerika
d'après Tennessee Williams (2000), Humiliés
et Offensés de Dostoïevski (2001),
Le Maître et Marguerite de Boulgakov (2002), Forever
Young d'après Tenessee Williams (2003), Cocaïne
d'après Pitigrilli (2004), Grand
et Petit de Botho Strauss (2005).
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| Kriegsfibel | |
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Quiconque
oublie le passé ne saurait lui échapper. Ce livre veut
enseigner l'art de lire les images. Le non-initié déchiffre
aussi difficilement une image qu'un hiéroglyphe. La vaste ignorance
des réalités sociales, que le capitalisme entretient
avec soin et brutalité, transforme des milliers de photos parues
dans les illustrés en de vraies tables de hiéroglyphes,
inaccessibles au lecteur qui ne se doute de rien. |
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Critique de l'hypermédiatisation
avant la lettre, les mots de celle qui a accompagné Brecht
marquent le double projet qu'envisage l'ABC
de la guerre : le rappel
du nécessaire travail de mémoire et le décodage,
toujours plus complexe aujourd'hui, des représentations.
Cinquante ans après sa conception, l'oeuvre de Brecht n'a
rien perdu de sa pertinence ni de son actualité. Les lieux
du conflit changent, les motifs peuvent être différents :
l'horreur de guerre demeure la même. |
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Le Kriegsfibel
rassemble donc avant tout des documents du temps, sortes de condensés
du réel vécu et de son commentaire par l'observateur.
Brecht néanmoins ne se substitue pas au photojournaliste. Son
entreprise revient à tenter de saisir, à travers le
prisme frappant du fragment, la réalité dans sa complexité.
Les images choisies par Brecht,
pour une grande part, paraissent anodines, elles ne sont en soi pas
porteuses d'une charge symbolique forte. |
| Barbara Engelhardt |
