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| Vie et Destin / Dodine / Grossman |
| Hamlet / Schilling / Shakespeare |
| Ivanov / Gotscheff / Tchekhov |
| Im Dickicht der Städt /Castorf/Brecht |
| Macbeth / Gosch / Shakespeare |
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4 > 25 FEV
2007 |
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4 > 7 FEV 2007 |
| Création mondiale à la MC93 |
| Théâtre
Maly, Saint-Petersbourg Texte Vassili Grossman Mise en scène Lev Dodine Scénographie Alexis Porai Kochets Lumières Gleb Filshtinski Costumes Irina Tsvetkova Equipe pédagogique Assistant à la mise en scène Semen Aleksandrovski, Elizaveta Boyarskaya, Pavel Gryaznov,Ekaterina Kleopina, Danila Kozlovski, Dimitri Lougovkin, Urszula Malka, Alexi Morozov, Ivan Nikolaev, Stepan Pivkin, Daria Roumyantseva, Sergei Shchipitsin, Elena Solomonova, Alena Starostina, Anastasia Tchernova, Georgi Tsnobiladze, Denis Outkin, Dimitri Volkostrelov
Production Maly Drama Theatre - Theatre Of Europe avec le soutien de NORILSK NICKEL, de l'Agence pour la culture de Russie et de RAO UES de Russie Le Théâtre Maly bénéficie du soutien de KINEF. |
| Spectacle en russe surtitré |
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Traduction française Michel Parfenov, Macha Zonina |
| Surtitrage Macha Zonina |
| Durée 3h30 avec entracte | |
| Télécharger (format PDF) : | |
| La fiche du Festival | |
| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
| Pour en savoir plus : contacts | |
| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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| Dans la presse | |
| Lev Dodine, le dramaturge qui veut réveiller la Russie. Anne Dastakian. Marianne. 17 février 2007. | |
| Ce spectacle-fresque entremêle les destinées d'une trentaine de personnages dans une grande épopée collective. Traversé de moments bouleversants, le moins qu'on puisse en dire est qu'il touche le public dans sa fibre sensible. Julie de Faramond. Fluctuat.net. 14 février 2007. | |
| Dans le gris de la mémoire russe. Fabienne Darge. Le Monde. 7 février 2007. | |
| Une puissance magistrale. Armelle Héliot. Le Figaro. 6 février 2007. | |
| Vie et Destin. Mots pour maux. René Solis. Libération. 6 février 2007. | |
| Vie et destin, un brûlot dangereux. Didier Méreuze. La Croix. 6 février 2007. | |
| Vie et Destin de Vassili Grossman. Joshka Schidlow. Télérama. 6 fev 2007. | |
| Baptême théâtral réussi pour "Vie et destin" de l'antitotalitariste Grossman. AFP. 5 février 2007. | |
| Crimes et déchirements. Laurence Liban. L'Express. 2 février 2007. | |
| Lev Dodine, une sentinelle contre l'oubli. Marion Thébaud. Le Figaro. 2 février 2007. | |
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Troupe de choc. Mariam Diop. Bonjour Bobigny. 30 janvier 2007. |
| Rencontre | |
| Vie
et destin de Vassili Grossman : une oeuvre majeure
du 20ème siècle avec Lev Dodine, Georges Nivat, Michel Parfenov, Tzvetan Todorov Lundi 5 février à 16 h |
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| A lire ou à relire | |
| Toute loeuvre de Vassili Grossman est publiée par Robert Laffont, Collection Bouquins. | |
| Vie et destin de Vassili Grossman Edition L'Age d'Homme | |
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Vie
et destin de Vassili Grossman. Traduction Alexis Berelowitch
avec la collaboration de Anne Coldefy-Faucard. Edition Livre de Poche. |
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Photos répétitions © Viktor Vasiliev
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"Le brouillard recouvrait la terre"... c'est par cette phrase que commence le roman-fresque Vie et destin dont l'ambition affichée était d'être le Guerre et Paix du XXe siècle. Son auteur, Vassili Grossman écrivain soviétique de renom, y faisait revivre l'URSS en guerre à travers la saga d'une famille dont les membres se retrouvaient plongés dans la vie quotidienne du peuple russe depuis Stalingrad assiégée jusqu'à Treblinka derrière l'offensive de l'Armée rouge. Epopée que Vassili Grossman a vécue en tant que correspondant de guerre de l'Armée rouge. Mais, audace stupéfiante, il s'interrogeait aussi sur la terrifiante convergence du communisme de Joseph Staline et du nazisme d'Adolf Hitler : "le grincement combiné des fils de fer barbelés de la taïga sibérienne et du camp d'Auschwitz". Pour aggraver son cas, Vassili Grossman, co-auteur avec Ilya Ehrenburg du Livre noir sur l'extermination des juifs par les nazis sur les territoires de l'URSS (qui sera immédiatement interdit en URSS) y revendiquait sa judaïté à travers l'évocation de sa mère assassinée par les Einsatzgruppen. On ne s'étonnera donc pas qu'envoyé en 1960 à la rédaction d'une des plus prestigieuses revues soviétiques de l'époque pour être publié, le roman atterrit directement au KGB qui confisqua aussitôt le manuscrit, les brouillons jusqu'aux carbones. Indigné, Vassili Grossman envoya une lettre de protestation à Nikita Krouchtchev qui le fit recevoir par son préposé à l'idéologie. On lui confirma que son roman ne serait jamais publié, "pas avant 200 ou 300 ans". A quoi on ajouta que Vie et destin était "un texte infiniment plus nocif et dangereux pour le pouvoir soviétique que le Docteur Jivago". Publié en Occident vingt ans après sa mort, à partir de copies cachées chez des amis, Vie et destinreste une oeuvre majeure où Vassili Grossman, grand lecteur de textes philosophiques, dépeint la lutte éternelle du bien et du mal. Avec en dépit de tout une lueur d'espoir : "Il n'y eut pas de temps plus dur que le nôtre, mais nous n'avons pas laissé mourir ce qu'il y a d'humain dans l'homme". |
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Photos répétitions © Viktor Vasiliev
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| Vassili Grossman
est né le 12 décembre 1905 à Berditchev,
l'une des «capitales» juives d'Ukraine, dans une famille,
non croyante, qui ne parlait pas yiddish. Après des études
à Kiev, puis à Moscou, il obtient son diplôme d'ingénieur
chimiste en 1929 et commence à écrire. Installé
dans la région du Donbass, il revient peu de temps après
à Moscou. Encouragé par Gorkii, il abandonne son premier
métier pour se consacrer entièrement à l'écriture.
En 1934, il publie un récit Dans
la ville de Berditchev sur la Guerre civile et un roman
Glückauf sur les mineurs du Donbass. Auteur prolixe d'un
roman en quatre parties, Stépane
Koltchouguine, l'histoire d'un ouvrier révolutionnaire,
et de nombreux récits, il a tous les titres pour être admis
à l'Union des écrivain en 1937.. |
| Rencotre avec Lev Dodine | |
| Il se trouvait à Paris pour
la reprise de Salomé à lOpéra-Bastille. Je
lai rencontré le 13 septembre 2006. Michel Parfenov |
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| Vous avez choisi le roman Vie et destin de Vassili Grossman pour votre prochain spectacle alors que la société russe d'aujourd'hui ne souhaite manifestement pas revenir sur son passé. | |
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C'est bien cette capacité d'oubli,
cette volonté d'oubli, qui nous ont interpellé. Cela
concerne tout aussi bien l'Europe mais surtout, bien sûr, la
Russie. On a eu un moment l'espoir de voir le peuple russe affronter
ce passé. C'était à la fin des années
80, début 90. Mais ceux qui souhaitaient ce retour n'étaient,
en fait, qu'une petite minorité. Nous voulions croire que c'était
le peuple alors que ce dernier était fatigué de tout
cela. Et il s'est avéré que l'intelligentsia n'en pensait
pas moins. |
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| Comment est né le spectacle ? | |
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Comme toujours, comme pour Frères et soeurs, Gaudéamus, Claustrophobia, nos étudiants ont pris le texte du roman pour leurs exercices. Comme base de leur apprentissage. Au lieu de jouer abstraitement avec "le samovar, on boit le thé", nous avons voulu que cela se fasse avec les matériaux de Vassili Grossman. Apprendre la technique pure n'a pas de sens... d'abord des exercices abstraits puis ensuite la même chose mais avec du texte. Pourquoi ne pas y aller directement, l'apprenti-acteur doit jouer « à se baigner », bon, il se baigne, il se met à l'eau et puis après ' il n'y a pas de contenu. Au début, ils ne comprenaient rien au livre, ils l'ont bien relu vingt fois depuis qu'ils ont commencé jusqu'à l'examen de première année dont la dominante était le livre. Des bouts d'abord puis ils ont tout joué, enfin ils ont commencé à élaguer. Il y a un an, je leur ai donné une liste des passages dont nous aurions sûrement besoin. Un socle et ils ont encore éliminé, puis on a eu des regrets et on en a rétablis. L'an dernier, après avoir supprimé
définitivement un morceau, on s'est rendu compte qu'on avait
eu tort car une fois une ligne adoptée... disons, celle de
l'opposition, du contraste... il faut s'y tenir. Ainsi on voit le
physicien Strum, un des personnages centraux du livre, qui attend
d'être arrêté. Il a peur mais cela ne serait
que du bavardage si on ne montrait pas à ce moment-là
le goulag, ce qui se passe dans les camps. Sa peur prend un tout
autre sens. Ce n'est pas simplement quelqu'un qui a peur. |
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| Vos élèves connaissaient-ils le roman de Vassili Grossman à leur entrée à l'Académie ? | |
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Ils ne connaissaient pas plus le livre
que les événements qui en composent la trame. Ces jeunes
gens ne savaient rien si ce n'est qu'un grand homme, appelé
Staline, avait existé et qu'à son époque l'ordre
régnait, que ce n'était pas le bordel d'aujour'hui,
que la justice triomphait, qu'il n'y avait ni riches, ni pauvres.
Incroyable ! Ils ont entre 20 ans et 29 ans, la plupart
sont très jeunes. Un de leurs problèmes, comme ils me
l'ont confié, est leur difficulté à communiquer
avec leurs parents. Ils se sont adressés à eux pour
leurs poser des questions concernant les sujets qu'ils abordaient
dans leur travail sur Vie et destin
et ces derniers ne voulaient rien entendre. En fait les parents se
sont révélés presque tous « staliniens »,
que le père soit ouvrier ou bien "businessman", un
"businessman" de 40 ans, celui-là précisément
qui aurait été proprement liquidé à son
arrivée dans un camp de l'époque. Le cauchemar qu'était
le stalinisme est devenu un rêve idyllique. |
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| Comment avez-vous travaillé pour ce spectacle ? Comme pour Frères et soeurs vous êtes allés sur les lieux de l'action qui sont comme autant de lieux de mémoire ? | |
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Pour Vie et destin,
cela fut beaucoup plus difficile que pour Frères
et s'urs. Dans ce dernier cas, il suffisait d'aller à
la campagne, on connaissait déjà beaucoup de choses,
les petites vieilles étaient là qui pouvaient raconter.
Avec notre collectif, nous avons pu séjourner
à Norilsk, un des hauts lieux du goulag. Nous avons trouvé
un ossuaire dans la taïga, rencontré d'anciens zeks âgés,
des vieux et des vieilles. Cela avait d'abord pris un petit caractère
officiel mais la vodka aidant (celle que nous avions apportée),
le pain et le sel, les langues se sont déliées. C'étaient
surtout des paysans déportés parmi des dizaines de millions
de paysans. Beaucoup des survivants sont restés sur place et
ceux qui étaient repartis chez eux sont même souvent
revenus « c'était trop triste là-bas ».
Au début, ils nous disaient que cela n'avait pas été
si terrible que ça, qu'il n'y avait pas eu tellement d'horreurs
et puis dès qu'ils se sont mis à raconter, ils se sont
lâchés. |
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| Vous avez été à Stalingrad ? | |
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Non, car la guerre n'est pas présente dans le spectacle. Impossible de jouer la guerre et la paix. Il faut choisir. Impossible de tout mettre, nous avons choisi un format de 3 heures 30 avec deux entractes. Si nous l'avions fait en deux soirées, nous aurions dû dans ce cas inclure la guerre, ce qui n'était pas dans nos moyens... |
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| Combien d'acteurs ? | |
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Vingt-cinq en tout. Ce qui est peu pour une telle histoire. Des étudiants, des stagiaires, des acteurs chevronnés de la troupe. |
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| Et le décor, l'espace scénique ? | |
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Comme pour Gaudeamus, Claustrophobia,
Platonov, j'ai travaillé avec Alexis Porai Kochets. Je
crois que nous avons trouvé la solution : un espace unique
pour toute l'action. Un espace lyrique parce que chez Grossman
rien n'est purement épique, il y a un profond psychologisme,
un profond lyrisme. Les motifs lyrico-philosophiques doivent se fondre
et en même temps contribuer à la distanciation brechtienne.
On ne peut représenter Auschwitz sur scène alors que
ce serait possible au cinéma si on a le talent d'un Guerman.
Dans Kroustaliov, ma voiture,
le cinéaste a réussi, si ce n'est tout, du moins à
rendre l'atmosphère de l'époque, l'air du temps, la
facture. Au théâtre, c'est impossible. Il y aura des
motifs mais Auschwitz est impossible à représenter.
Pareil pour le goulag. On a bien trouvé un baraquement délabré...
Les lieux de l'action seront les suivants : le goulag, les camps
allemands symbolisés par Auschwitz, Moscou ( l'appartement
et l'institut de recherche), Kouïbichev, la ville de l'évacuation,
et pour finir, l'offensive des tanks de Stalingrad. Chez Grosman tout
est lié , tout est organique et Novikov qui commande l'offensive
des blindés, amoureux de Génia dont l'ex-mari, Krymov,
a été arrêté, trouve une liberté
incroyable grâce à cet amour jusqu'à désobéir
à un ordre de Staline pour épargner ses hommes. Le roman
de Grossman est rempli de motifs très fins comme celui-là.
Encore faudra-t-il les donner à voir et à entendre... |
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| Propos recueillis par Michel Parfenov le 13 septembre 2006 à Paris | |
| Maly Drama Theatre site |
| Résonance RFI. Benoît Ruelle, Marie-Noëlle Gindreau. Invité: Tzvetan Todorov, préfacier des «oeuvres» de Vassili Grossman, rééditées chez Robert Laffont |
| Pour une juste cause de Vassili Grossman - De Stalingrad à Staline. Article de Marie-Agnes Combesque, 27 mars 2001. L'Humanité. |
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Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme Hôtel de Saint-Aignan 71, rue du Temple 75003 Paris T 0153018660 |
| Georges Nivat site |
| Tzvetan Todorov site consulter sa bio sur Bulgarie.com |
| Michel Parfenov site Entretien sur le site Evene |
| Entretien entre Michel Parfenov
et Tzvetan Todorov sur Culture et loisirs France 2 site |
