| Direction artistique ANITA MATHIEU |
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| SIMONE AUGHTERLONY / ALBAN RICHARD / ISRAEL GALVAN / CATHERINE DIVERRES / ARCO RENZ / CINDY VAN ACKER / MARK LEWIS TOMPKINS & NUNO REBELO |
| 6 > 8 JUIN
2008 Salle Oleg Efremov, Salle Christian Bourgois, Salle de répétition |
Une communauté d'artistes, des paroles engagées, des rencontres nécessaires. La création contemporaine affirme ses préoccupations,
investit des écritures du corps, questionne les représentations
du monde et décrypte sa complexité. En les regardant, en les traversant, elles nous aident à réfléchir sur nos contradictions, à aimer l'étrangeté, à être ensemble, à partager nos émotions, à refuser le conservatisme et les présupposés sur les attentes culturelles. L'humain, la trace, la mémoire, l'absence, la
violence, l'intime, la disparition, la société,
l'apparence, l'illusion, le présent, le chaos,
les limites, le désir, le réel sont des thèmes
récurrents dans leurs oeuvres. Les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis dessinent un paysage de corps, de pensées, de libertés, offrent au public des expériences sensibles, des déplacements généreux, des parcours singuliers et présentent dans différentes villes de la Seine-Saint-Denis des imaginaires et des cultures reflétant la vitalité et les enjeux de la création artistique. |
| Anita Mathieu |
| Renseignements | |
| Sur le site
internet des Rencontres Chorégraphiques |
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| Rencontres chorégraphiques 01 55 82 08 01 |
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| Plein tarif 16€ Tarifs réduits 11€ Forfaits, tarifs particuliers voir sur le site des Rencontres |
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| Réservation | |
| Rencontres chorégraphiques, pour tous
les spectacles 01 55 82 08 01 |
|
| Pour les spectacles se déroulant à
la MC93 01 41 60 72 72 de 11h à19h |
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| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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| ARCO
RENZ > ven 6 juin 2008 : 19h30 > sam 7 juin 2008 : 19h30 > dim 8 juin 2008 : 18h30 |
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| NEUER
TANZ > ven 6 juin 2008 : 21h00 > sam 7 juin 2008 : 21h00 > dim 8 juin 2008 : 20h00 |
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TATIANA GORDEEVA |
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| DANIEL LINEHAN > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 |
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| LEA MARTINI > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 |
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| ANNA KRZYSTEK > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 |
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| ARCO
RENZ |
| Belgique / Kobalt Works > ven 6 juin 2008 : 19h30 > sam 7 juin 2008 : 19h30 > dim 8 juin 2008 : 18h30 "i!2" 60 mn création |
| Direction artistique
et chorégraphie Arco Renz Interprètes Lisbeth Gruwez, Melanie Lane Musique originale Marc Appart Autres musiques Matrix [for room] et Matrix 2 de Ryoji Ikeda Scénographie et installation lumière Jan Maertens, Arco Renz, Linde Raedschelders Lumière Jan Maertens Dramaturgie Bart Van den Eynde |
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Dans la « matrice » expérimentale de la nouvelle pièce de Arco Renz, on assiste à la formation et à la croissance de deux corps. Comme dans un laboratoire, une enveloppe de sons et de lumière abrite deux organismes indifférenciés qui se développent et se transforment continûment. Leur évolution se déroule à l'intérieur d'un temps mythologique, sans rapport d'aliénation entre l’homme et son milieu - comme un point d'origine à partir duquel l'état d'apparition au monde est expérimenté. Comment se fait la rupture ? La différenciation ? A partir de quel point commence l'individu ? Progressivement, des frictions, des altérations vont affecter les transformations parallèles de ces entités jumelles. Elles vont se différencier l'une de l'autre, s'extraire de leur environnement, entrer en lutte avec la matrice protectrice. De refuge hors du temps, celle-ci devient un Réel menaçant, capable de les submerger, de les détruire – un réel qui porte les traces du monde historique et contemporain. Comme deux lignes en décalage, constamment en avance ou en retard l'une sur l'autre, les danseuses vont être propulsées dans un temps fracturé, non linéaire - le temps individuel de la solitude. « i », cela pourrait être « individu » : un individu mis au carré, poussé à son point d'intensité maximum. |
Dans
la « matrice » expérimentale
de la nouvelle pièce de Arco Renz, on assiste à la formation
et à la croissance de deux corps. Comme dans un laboratoire,
une enveloppe de sons et de lumière abrite deux organismes indifférenciés
qui se développent et se transforment continûment. Leur évolution
se déroule à l'intérieur d'un temps mythologique,
sans rapport d'aliénation entre l’homme et son milieu
- comme un point d'origine à partir duquel l'état d'apparition
au monde est expérimenté. Comment se fait la rupture
? La différenciation ? A partir de quel point commence l'individu
? Progressivement, des frictions, des altérations vont affecter
les transformations parallèles de ces entités jumelles.
Elles vont se différencier l'une de l'autre, s'extraire de leur
environnement, entrer en lutte avec la matrice protectrice. De refuge
hors du temps, celle-ci devient un Réel menaçant, capable
de les submerger, de les détruire – un réel qui
porte les traces du monde historique et contemporain. Comme deux lignes
en décalage, constamment en avance ou en retard l'une sur l'autre,
les danseuses vont être propulsées dans un temps fracturé,
non linéaire - le temps individuel de la solitude. « i »,
cela pourrait être « individu » : un individu mis
au carré, poussé à son point d'intensité maximum. i!2 : Deux « hyper-singularités » s'affirment ; c'est l’histoire de leur fusion, de leur séparation, de leur cheminement, ensemble - à l’intérieur et contre un environnement de lumières fluorescentes et de son digital. La performance, en posant la confrontation avec un autre radicalement différent, amène à questionner les paradoxes d'un monde où l'individu est la valeur suprême. La matrice devient une métaphore des conséquences qu'entraîne dans le corps l'affirmation d'une différence. A travers cette pièce, Arco Renz incarne et déconstruit des questions qui touchent à la singularité, à la liberté, en relation avec l’autre personne, l’autre corps : l'ami, le partenaire, l’amoureux, l’étranger - tout ce qui peut décrire « l’autre »... |
| Production : Kobalt
Works vzw Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Kunstencentrum STUK (Louvain), Kunstencentrum Vooruit (Gand), Monty (Anvers) Avec le soutien du Gouvernement flamand, de la SACD et de PACT Zollverein (Essen). |
| NEUER TANZ |
| Allemagne > ven 6 juin 2008 : 21h00 > sam 7 juin 2008 : 21h00 > dim 8 juin 2008 : 20h00 "DAS CHROM + & DU" 90 mn |
Chor(e)ographie
VA Wölfl |
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Des
cartons remplis de centaine de livres qui seront progressivement
dispersés,
piétinés - envahissant l'espace comme des marchandises
vidées de contenus : c'est autour de cette allégorie
que s'écrit la nouvelle pièce de VA Wölfl. Un piège
visuel et mental, qui dissimule sous la beauté du tableau une
mécanique implacable. Le livre - objet, scénographie,
sol, mais aussi référent culturel – « Le
livre doit faire machine avec quelque chose, il doit être un
petit outil sur un dehors » (G..Deleuze). La scène fait
machine avec le livre, devient un agrandissement de cette image ; comme
si toutes les pages s'étaient mélangées, des fragments
de culture surgissent, rattrapés par la violence endémique
qui anime les corps. Un pas de deux se transforme en lutte à mort,
un sonnet de Rilke en énonciation brutale, un air de jazz en
dissonance. Les danseurs déballent les livres, les répandent
au sol, rebondissent dessus, esquissent un mouvement, chutent, se relèvent.
Des échos étouffés, des refrains obsédants
reviennent, toujours plus inquiétants - comme cette trompette
douce puis stridente que tous manipulent. A chacune de ses pièces, VA Wölfl remet en jeu l'impossibilité d'un accord des signes du monde. La scène vaut comme lieu d'exposition et de questionnement de leur dérèglement - un organisme auquel on retirerait progressivement ses centres nerveux, mais dont le principe organisateur continuerait à fonctionner : vider - remplir - faire le vide, encore et encore. Dans une culture du rendement, de la vitesse et de la performance, son mot d'ordre est : travailler au plus mal – ce qui pour ce chorégraphe-plasticien peut signifier : « dessiner une surface ou une ligne ». Sur un radeau constitué de débris de culture, où sont agencés de manière folle lumières, corps et couleurs, il nous présente une vanité démultipliée ; une symphonie d'apocalypse où les volumes de papier et les volumes de chair deviennent les notes d'une rumeur plus vaste, les instruments subversifs de la forme. L'art consiste à lâcher des bombes. « Se tenir immobile est la seule explosion ». |
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| TATIANA GORDEEVA |
| Russie > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 "To fade away yesterday" 13 mn |
| Chorégraphie et interprétation
Tatiana Gordeeva Conception Sasha Pepelyaev, Pavel Semchenko Musique Nick Soudnick Lumière Sasha Pepelyaev Conseil Andrey Andrianov |
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Tatiana
Gordeeva entre sur scène, et l'espace apparaît avec elle : suivant ses
pas, des lignes de lumière s'allument jusqu'à former
un large carré. Prisonnier de cet espace qu'il a généré -
trop vide et trop vaste pour lui – son corps commence à l'animer, à le
peupler – à le hanter. Au cœur de ce bloc de temps
abstrait, un temps personnel vient se loger, des souvenirs s'agitent,
des réminiscences - suggérant un paysage invisible, des
corps multiples se répondant à travers la mémoire.
Un geste vient scander les différentes périodes, celui
de se cacher les yeux - comme si une vision impossible à soutenir
poussait le corps à de nouvelles recherches, à de nouvelles
tentatives. Disparaître / au loin / hier : dans le titre de la pièce, on entend la rumeur d'un effacement, la confrontation entre ici et là-bas, hier et maintenant. Etre là, se dévoiler, c'est convoquer l'hier du corps, faire affleurer des images anciennes qui peuvent nous emporter dans leur tourbillon. Toujours entraîné loin de son centre de gravité, attiré vers les bordures - entre devenir et absence - le corps tente de s'inventer un présent. Se mettre en mouvement semble le geste primordial : s'élancer, trouver une instant de suspension, de grâce ; tomber, se relever, recommencer. Immobilité, élan, suspension, chute, la danse est traversée par cette lutte, fragile, pour rester debout. Dans le parcours qui s'invente, la voix vient rythmer le corps, le retient, le relance jusqu'à l’extrême limite de lui-même, pour toucher aux frontières de la scène sans jamais basculer. Sondant comme une matière vivante ce désert qui la presse et l'anime, Tatiana Gordeeva pourrait faire sienne cette phrase de Bergson : « Ce que j’appelle “mon présent” empiète tout à la fois sur mon passé et sur mon avenir... » |
| DANIEL LINEHAN |
| Etats-Unis > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 "Not About Everything" 35 mn |
| Chorégraphie et interprétation
Daniel Linehan Création lumières Joe Levasseur Création son Daniel Linehan Dramaturgie Juliette Mapp |
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Au centre
de l'espace, à la
croisée des regards, une étrange toile est tissée
: quelques bandes blanches, retenues au sol par des piles de livres
et de magazines vont se perdre dans les hauteurs de la salle. La scène
donne l’impression d’être le point convergent d'un
ensemble de relations plus vaste, dont nous ne pouvons apercevoir toutes
les ramifications. L'une de ces bandes, coupée, repose au sol – ouverture
qui empêche la clôture du système, et par où peut
s'engouffrer un événement. Cet événement,
c’est un corps qui entre au cœur de la spirale, comme s'il
se plaçait au centre du monde. Ce corps commence à tourner,
et le moteur de la pièce se met doucement en route - se transformant
progressivement en mouvement giratoire fou qui emporte avec lui la
parole : « This is not about everything, This is not about
everything... » Ce qu'on est en train de voir ne parle pas de tout, nous dit Daniel Linehan : ça ne parle pas de désespoir, d'endurance, ou de politique, ça ne parle pas de personnages célèbres, de virtuosité, ni de problèmes métaphysiques. Pourtant, tel un accélérateur de particules entraînant les pensées, les mots, le corps, la pièce fait entrer tous ces sujets dans la spirale. Noyau d’énergie au centre du réseau, Daniel Linehan crée un trou noir, un espace de réflexion où tous ces matériaux affluent et résonnent. A l'intérieur de ce mouvement circulaire unique et obsédant, il introduit une série de variations, d'accélérations, de subtils décalages - une danse drôle et complexe. Cherchant à atteindre un idéal impossible de perfection, il se soumet lui-même à un processus physique et mental multiple : parler, penser, réagir, s'adresser, écrire en direct - sans cesser de tourner. A partir d'éléments simples, qui constituent aussi bien les œuvres d'art que nos expériences quotidiennes – rythme, changement, langage et signification – il nous convie à une performance qui donne le tournis. |
| Coproduction : Bessie Schönberg
/ First Light Commissioning Program, Dance Theater Workshop / Creative
Residency Program Avec le soutien de la Jerome Foundation, la Ford Foundation, le National Endowment for the Arts (Agence fédérale américaine), le New-York State Council of the Arts, la Jerome Robbins Foundation et le Movement Research Artist Residency Project (fondé par le Fonds Leonard et Sophie Davis). |
| LEA MARTINI |
| Pays-Bas
/ Allemagne > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 trailer 15 mn |
| Corps et interprétation
Lea Martini Têtes (vidéo) Matthew Day, Claus-Michael Schlesinger, Tomas Spencer Musique : Aphex Twin Vidéo Anne Brinkmann, Joao Guerrero Costume sloggy |
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trailer :
c’est le nom qu’on
donne à une bande-annonce, à un spot publicitaire. Mais
quel est le produit qui nous est présenté ? La nouveauté disponible
sur le marché ? Le produit, c’est le C&B body – Compact & Breastily,
le corps compact à forte poitrine. Le corps parfait. Le corps
sur lequel nous font fantasmer les journaux, la mode, la publicité : « Si
vous voulez la gloire, le succès, la séduction, la compétitivité,
adoptez le C&B body ». Présenté comme résistant,
efficace, plus puissant, plus sensuel, nous sommes invités à juger
de ses performances, de ses capacités, à donner notre
degré de satisfaction. D’emblée, la pièce de Lea Martini effectue un déplacement en transformant notre regard de spectateurs en consommateurs, en faisant fonctionner les codes du marketing à l'intérieur de ceux de la performance : une vidéo nous montre trois hommes ayant « essayé » le C&B Body, nous vantant ses qualités, ses infinies possibilités. Mais ce corps virtuel va s'incarner sur scène, sous la forme d’un corps réel : celui de Lea Martini. Traversant l’imagerie reflétée par la publicité, le cinéma, le sport, la religion, elle nous entraîne dans un inquiétant morphing. Aguicheur, oscillant entre fascination et répulsion, ce C&B body - hyper-performant et hyper-sexualisé devient un modèle de corps extensible et ambigu. Le produit standard se fait instrument expérimental et réflexif : comment réfléchir la violence de la standardisation ? Comment subvertir ces modèles en adoptant leur apparence, en nous confrontant à ces mêmes codes ? Scrutant sa propre image, la poussant jusqu'à l'absurde, Lea Martini transforme le C&B body en un réflecteur, une boule à facette qui renvoie chacun à ses propres zones troubles, à son attirance, à son jugement. |
| Avec le soutien de Tanztage 2007,
de Off limits festival Dortmund et de l’Ambassade du Royaume
des Pays-Bas. Remerciements à Noha Ramadan, Andre Wunstorf et la School for New Dance Development (Amsterdam). |
| ANNA KRZYSTEK |
| Royaume-Uni > sam 7 juin 2008 : 16h30 > dim 8 juin 2008 : 15h30 "STILL" 45 mn |
| Chorégraphie
et interprétation Anna Krzystek Musique Tom Murray Vidéo Lucy Cash |
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STILL : sur
la scène vide
balisée par une série de moniteurs, le temps semble suspendu.
Un corps se tient dans l'ombre, à peine éclairé par
la lueur des écrans ; présence fantomatique, qui commence à arpenter
les différentes zones de l'installation vidéo. Sur les écrans
défilent des pièces inhabitées, capturées
sous différents angles de vue - où quelques objets quotidiens
attendent. Seul élément en mouvement, une ombre traverse
parfois le champ - silhouette anonyme, sans individualité, qui
passe d'un écran à un autre, se fige, revient, comme
une image spectrale capturée et retenue prisonnière.
Un circuit de résonance complexe se met en place entre l'espace
virtuel, fragmenté de l'installation - et l'espace réel
et désorienté de la scène. Quel lien raccorde
ces deux représentations ? Comment réagissent-elles
entre elles ? Dans un va-et-vient constant de l'une à l'autre, la pièce de Anna Krzystek interroge les repères spatio-temporels et le statut du corps présent sur scène. Les lumières de l'installation vidéo la font apparaître, lui permettent d'exister, et c'est en même temps ce corps qui - tel une balise - amène notre regard d'un écran à un autre, d'une pièce à l'autre - nous obligeant à chercher des rapports, des répétitions, les indices d'un quelconque évènement en cours. Statut paradoxal : cette silhouette qui relie, est aussi une présence, en tension, qui voile et dévoile, danse et s’absente. Sa chorégraphie cherche à mettre au diapason ces espaces désaccordés : gestes répétés, comme un métronome, une pulsation, qui construisent une règle pour donner mesure à l'espace, lutter contre la disparition. Exister, c'est investir un espace. Telle un Ariane moderne, Anna Krzystek tisse son fil au milieu de ce labyrinthe, inventant une calligraphie de l'imperceptible, une manipulation de l'attention où le regard se fait réactif au moindre changement, au moindre décalage. Entre installation et performance, basculant de l'une à l'autre, STILL instaure une véritable chorégraphie de l'attente. |
| STILL est une commande de New Moves
International for New Territories 07. Avec le soutien du Scottish Arts Council, Tramway, CCA, Dance Base, Dance House, Balance et du British Council. |
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