PATRICK SOMMIER
PIERRE MICHON
Création
16 MAI > 2 JUIN 2008
lundi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30, relâche mercredi et jeudi
sauf le jeudi 29 mai.

Texte Pierre Michon

Mise en scène Patrick Sommier

Scénographie Noëlle Ginefri
Lumières Pierre Setbon

avec Gilles Arbona

Production MC93 Bobigny

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Durée
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Par téléphone : 01 41 60 72 72
du lundi au samedi de 11h à 19h
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MC93 Bogigny
1, bd Lénine
93000 Bobigny
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lorentino
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Pierre Michon
Maîtres et Serviteurs.
Editions Verdier.
Pierre Michon
Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature.
Albin Michel
 
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le metteur en scène
J’ai lu pour la première fois Maîtres et serviteurs de Pierre Michon en 1992. C’est Jean-Christophe Bailly qui était alors dans l’écriture de Pandora qui m’en parla. En 1992, cela faisait déjà vingt ans que j’allais en Toscane, où se situe la dernière nouvelle du recueil de Michon « Fie toi à ce signe » qui évoque à travers son disciple Lorentino d’Arezzo, le grand peintre Piero della Francesca. Les deux autres récits parlent de Watteau et de Goya. J’avais vu, bien avant d’avoir lu Michon, l’incroyable fresque de Piero dans la basilique de San Francesco d’Arezzo, « la leggenda della vera Croce ». Ce devait être à la fin des années soixante-dix. La fresque et l’église étaient alors en cours de restauration. Des moines vivaient encore là. La lumière était celle que les fresques avaient toujours connue, celle de toutes les heures du jour. Avec le tourisme moderne, on peut encore visiter San Francesco. Il faut prendre à l’avance un billet auprès des services municipaux pour une visite d’une vingtaine de minutes dans une tranche horaire planifiée par ordinateur. La basilique a été archi-restaurée, la lumière sur les fresques n’a rien de naturelle. Des grilles contre les resquilleurs ont été scellées autour de la cappella maggiore. Tout est propre. Il n’y a plus les moines. Des gardiens. Je connais bien cette partie de la Toscane froide, autour d’Arezzo, la montagne glacée de la Verna qui ressemble au Valais Suisse. La maison natale de Michel-Ange est à une heure de route, à Caprese Michelangelo. Quant à Piero della Francesca, il est de Borgo San Sepolcro à la frontière de la Toscane et de l’Ombrie. « Fie toi à ce signe » est une histoire de l’art. Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre, un maître, comment l’un et l’autre parviennent-ils jusqu’à notre lointain XXIe siècle ?
Patrick Sommier
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Directeur de la MC93 depuis 2000, Patrick Sommier en a été le conseil artistique de 1984 à 1994. il était avant cela aux côtés de René Gonzales au TGP de Saint-Denis de 1981 à 1984 et de 1973 à 1977 au Festival de Nancy dirigé par Jack Lang. il a été avec Jo Lavaudant conseiller artistique de l’Odéon en 1999 et 2000.
Patrick Sommier a travaillé aux Etats-Unis avec Luis Valdez, en Russie, où il a recréé la tradition des Saisons françaises et en Chine avec l’Ecole d’Opéra de Pékin. À la MC93, il crée le Festival le Standard idéal dont la sixième édition aura lieu en février 2009.
Il a adapté et mis en scène Morphine de Mikhail Boulgakov (TNS puis à la MC93 en 1998), Miroirs Noirs d’Arno Schmidt (MC93 en 1999), Dom Knigui – La Maison des Livres (Théâtre national de l’Odéon en 1999 avec Jean-Christophe Bailly) d’après Ossorguine, Mandelstam, Lydia Guinzburg, Chalamov, Chklovski, Mariengoff, un hommage à la résistance des écrivains russes. En 2001, il écrit et met en scène Pasta e Fagioli. en 2004, il met en scène Fellag dans Le Dernier Chameau, monte La Terrasse du Sous-sol d’après Curro Romero et le Rocio de Francis Marmande. En 2006, il met en scène Jesus Camacho 404 284 d’après La mémoire du chien et des inédits de Francis Marmande et des textes de Victor Segalen et Victor Hugo. Depuis 2004, il mène un travail de recherche à l’Ecole d’Opéra de Pékin dont on a pu voir en 2005 un premier spectacle. Patrick Sommier a traduit Nixon in China d’Alice Goodman et Les Perses dans la version de Robert Auletta, deux spectacles présentés par Peter Sellars à la MC93. Il a également traduit en français, italien et anglais, Gaudeamus de Serguei Kaledine et Claustrophobia, deux spectacles présentés par Lev Dodine à la MC93.
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Pierre Michon est né le 28 mars 1945, aux Cards, dans la Creuse où ses parents étaient instituteurs. Lycéen à Guéret, il étudie ensuite les lettres à l’université de Clermont-Ferrand (maîtrise sur le théâtre d’Artaud). Son premier texte paraît lorsqu’il a trente sept ans, après quelques années consacrées aux études littéraires et au théâtre.
De nombreux prix lui sont décernés : Grands Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre en 2004, Prix Décembre en 2002 pour Abbés et Corps du roi, Prix Louis Guilloux en 1997 pour La Grande Beune, Prix de la Ville de Paris pour l’ensemble de l’œuvre en 1996 et Prix France Culture en 1984 pour Vies minuscules. Ces ouvrages sont essentiellement édités chez Verdier, Vie de Joseph Roulin, Maîtres et serviteurs, La Grande Beune, Le Roi du bois, Mythologies d’hiver, Trois auteurs, Abbés, Corps du roi et L’Empereur d’Occident. Pierre Michon a écrit également Rimbaud le fils aux éditions Gallimard. Son dernier texte Le roi vient quand il veut - Propos sur la littérature est édité chez Albin Michel.
Les ouvrages de Pierre Michon ont été traduits en Italie, Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Grèce, Roumanie, Etats-Unis, Brésil, Mexique et Syrie.
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« Qui peut savoir ce que ce fut. Mais ce fut un chef-d’œuvre, puisque Lorentino y mit le meilleur de lui-même, le dédia où il faut, et que le meilleur de chacun, dédié où il faut, est sans doute un chef-d’œuvre. »
Pierre Michon
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La peinture est présente dès Vies minuscules, et elle est au centre de Maîtres et serviteurs (1990). Est-ce que pour parler de peinture, c’est-à-dire des corps, des chairs, est pour vous un moyen d’aller vers une écriture incarnée ? Vous parlez de Proust comme d’un « essai d’incarnation absolue ».
On a dit que la grande peinture d’Occident était tout entière placée sous le signe de l’Incarnation du Christ. Le grand sujet, c’est la Passion, la Nativité, surtout la Cène sans doute, cette grande chose communautaire. Tous les autres ne sont que des métonymies de ce sujet-là. Pour nous, le modèle même de l’incarnation du Verbe, c’est-à-dire aussi bien du Verbe écrit que du Verbe divin qu’on fantasmait jadis, c’est le Christ.
L’incarnation peut être aussi celles des grosses femmes pleines de chair comme dans Rubens, mais ce sont toujours des femmes qui apparaissent comme tangentiellement à des christs peints, invisibles. C’est le grand art catholique. Alors, la peinture pour moi, c’est du pain bénit !.
On retrouve dans vos textes sur la peinture l’idée d’un échange. Vous citez le dialogue de Claudel, dans l’Echange justement : « Est-ce que quelque chose vaut exactement son prix ? – jamais. »
Un paysan donne un cochon à Lorentino pour qu’il lui fasse un tableau en l’honneur de Saint-Martin. Et la perfection de l’œuvre qu’il va faire lui vient de ce don de cochon. Le grand travail d’art est toujours fait pour être partagé, et vient souvent d’un petit geste de partage préalable. Les grandes œuvres de peinture, celles qui font avec un portrait le plus d’incarnation, sont souvent celles de personnes humbles. Regardez les Van Gogh, les Caravage, ou des Ribeira, des Zurbarán, des Vélasquez. Ces gens qui n’ont plus de dents. Et là, tout à coup, on voit bien qu’il y a de l’homme, comme on disait dans le temps. Tout ça, c’est l’histoire du cochon. Ces types n’ont à donner qu’une parole dans des dents ébréchées, et le peintre, à ce moment – là, y va de son chef-d’œuvre.
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Dans le cas de Lorentino, à propos de ce cadeau qu’il peut faire à ces pauvres gens, vous écrivez pourtant : « Sa colère était trop émoussée pour que tant de charité en sortît ».
Alors, dans ce cas-là, ça n’a pas été un chef-d’œuvre. Quand je dis colère, ici, ce n’est pas seulement la colère, c’est aussi l’ambition, tout ce qui mord, tout ce qui a des dents. Et un peintre, ou un auteur, pour être important, ne peut pas ne pas être en colère contre le destin qui lui est fait d’être mortel, ou que sa mère le soit. Ce n’est pas possible non plus qu’il n’ait pas d’ambition, parce qu’il ne ferait pas de peinture. Mais si cette colère ne s’embue pas, ne s’édulcore pas par ce que j’appelle ici charité, mais qu’on peut appeler compassion, amour de l’échange, volonté de donner, ce n’est pas de la bonne peinture. Il faut que les deux soient là, qu’on ne voit plus si Vélasquez a fait tel tableau pour peindre le roi d’Espagne et lui plaire, ou pour marquer sa fraternité avec ce péteux qui vendait de l’eau dans les rues, ce bouffon.
A propos de la possibilité de ce don, vous dites que Lorentino, élève médiocre, avait plus « foi dans les arts » que son maître Piero lui-même, « puisqu’il n’atteignait pas vraiment les arts et pourtant tout entier était dedans ».
Comment Piero, qui les atteignait indubitablement, ou Vélasquez, auraient-ils foi dans les arts, puisqu’ils savent que les arts, quels que soient le travail et l’apprentissage, ne sont que du code, s’il n’y a pas de cette colère et cette charité en même temps ? Alors que quelqu’un qui n’arrive pas vraiment, comme ce Lorentino, s’imagine que c’est le coup de main, la force créatrice comme on le dis maintenant, et non pas du tout quelques chose de plus fort et de plus affronté dans l’homme lui-même. la grande peinture et la grande littérature me font cet effet. regardez Rimbaud : cette compassion absolue pour le monde, et cette colère, cette superbe, ce mépris, cette ambition, malgré qu’on en ait.
Le roi vient quand il veut - Propos sur la littérature, Pierre Michon, Albin Michel
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Gilles Arbona
Compagnon de route de Georges Lavaudant, il joue dans une trentaine de ses mises en scène plus particulièrement Matti dans Maître Puntila et son valet Matti de Bertolt Brecht ; Platonov dans Platonov d’Anton Tchekhov ; le général Irrigua dans Le fil à la patte de Georges Feydeau ; Gaev dans La Cerisaie d’Anton Tchekhov ; Buckingham dans Richard III de William Shakespeare au Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur dans laquelle il reviendra : deux autres fois avec Lavaudant, puis Vie et mort du roi Jean de Shakespeare mis en scène de Laurent Pelly et Peer Gynt d’Ibsen mis en scène de Patrick Pineau en 2004.
Avec Patrick Pineau, il avait déjà joué dans Les Barbares de Gorki et La demande en mariage, L’ours, Le tragédien malgré lui d’Anton Tchekhov. En juin 2006, il joue sous la direction de Patrick Sommier dans Jesus Camacho 404 284 d’après les textes de Francis Marmande, Victor Segalen et Victor Hugo, puis en octobre 2006, il joue dans la mise en scène de Bernard Levy Fin de partie de Samuel Beckett.
Il a travaillé également avec Daniel Mesguish, Bruno Boeglin, André Engel, Ariel Garcia Valdès.
Au cinéma il participe à une vingtaine de films, notamment La belle noiseuse de Jacques Rivette, Le retour de Casanova d’Edouard Niermans, Vidocq de Pitof, Fanfan la tulipe de Gérard Krawczyk, Aram de Robert Kéchichian et récemment L’heure d’été d’Olivier Assayas. Il a tourné également avec Serge le Péron, Raoul Ruiz, Denis Dercourt, Alain Robbe-Grillet.
Noëlle Ginefri
Scénographe, costumière
Formée à l’École nationale des Arts Décoratifs de Nice, Noëlle Ginefri débute sa carrière comme peintre en décors puis comme assistante scénographe auprès notamment de Patrice Cauchetier pour Jean-Louis Thamin L’Etourdi, Un balcon sur les Andes, Le Mal court, Emilio Carcano pour Alfredo Arias Les deux jumeaux vénitiens, Peines de cœur d’une chatte anglaise, Chloé Obolensky pour Peter Brook Le Mahabharata, Impressions de Pélléas et Mélisande. Elle signe son premier décor avec Claude Régy pour Intérieur de Maeterlinck et travaille par la suite avec plusieurs metteurs en scène notamment Dominique Feret, Daniel Zerki, Guy Pierre Couleau et Simon Abkarian. En 1998, elle rencontre Irina Brook et conçoit pour elle les décors et costumes de plusieurs de ses spectacles aussi bien au théâtre Une Bête sur la lune, Résonances, La Ménagerie de verre, Une Odyssée, Juliette et Roméo, La Bonne âme de Se-Tchouan, Le pont de San Luis Rey et L’Île des esclaves qu’à l’opéra Eugène Onéguine de Tchaïkovski pour Aix-en-Provence, Cenerentola de Rossini et Giulio Cesare de Haendel pour le Théâtre des Champs Elysées, Traviata de Verdi pour Le Comunale à Bologne et l’Opéra de Lille et récemment Il Burbero di Buon Cuore de Martin y Soler au Real de Madrid.
 
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liens
Piero della Francesca
site
Pierre Michon, Maîtres et Serviteurs. Editions Verdier. Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? ....
Le Monde selon Michon... Conférences - Débats - Rencontres Centre Georges Pompidou 16 janvier - 21 mai 2008
Le Tiers livre, Pierre Michon, salon des hommages refusés Le blog de François Bon
Documentation et ressouces sur Pierre Michon Auteurs.contemporain.info.
Documentation critique sur Maîtres et serviteurs sur Auteurs.contemporain.info.
Christine JÉRUSALEM, "Maîtres et serviteurs de Pierre Michon : le manteau d'un récit "
Alain MADELEINE-PERDRILLAT, "Pierre Michon et les maîtres anciens"
Jean-Pierre RICHARD, "Comment devient-on Goya ?",
dans Agnès CASTIGLIONE (dir.), Pierre Michon, l'écriture absolue. Actes du 1er colloque international Pierre Michon, Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2002.
"Pierre Michon, l'écriture absolue": Actes du colloque Michon de Saint-Etienne
(Saint-Etienne, Musée d'Art Moderne, 8, 9, 10 mars 2001)
Pierre Michon et Yaël Pachet / Le roman comme superstition. Entretien sur Remue.net.
Pierre Michon, une vocation tardive
par Marianne Payot. Ecrivains-Portrait.
Lire, mai 1997.
La langue des anges de Pierre Michon. Blog de Christian Sauvage sur LivresHebdo.fr
 
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