| VASSILI GROSSMAN |
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| LEV DODINE |
| Spectacle en russe surtitré |
| REPRISE |
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10 > 16
MARS 2008 |
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Théâtre Maly, Saint-Petersbourg Collaboration artistique Production Maly
Drama Theatre - Theatre Of Europe avec le soutien de l'Agence pour
la culture de Russie et de RAO UES de Russie |
| Création mondiale le 4 février 2007 à la MC93 Bobigny |
| Durée 3h avec entracte | |
| Pour réserver ce spectacle : | |
| Réservation en ligne MC93 | |
| Réservation en ligne FNAC | |
| Par téléphone : 01
41 60 72 72 du lundi au samedi de 11h à 19h |
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| Pour les relais : 01 41 60 72 78 | |
| Télécharger (format PDF) : | |
| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
| Pour en savoir plus : contacts | |
| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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| Lev Dodine invité de Laure Adler dans
Studio
Théâtre, France Inter Samedi 15 mars 2008 à 18h10 |
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| Dans la presse en février 2007 | |
| Lev Dodine, le dramaturge qui veut réveiller la Russie. Anne Dastakian. Marianne. 17 février 2007. | |
| Ce spectacle-fresque entremêle les destinées d'une trentaine de personnages dans une grande épopée collective. Traversé de moments bouleversants, le moins qu'on puisse en dire est qu'il touche le public dans sa fibre sensible. Julie de Faramond. Fluctuat.net. 14 février 2007. | |
| Dans le gris de la mémoire russe. Fabienne Darge. Le Monde. 7 février 2007. | |
| Une puissance magistrale. Armelle Héliot. Le Figaro. 6 février 2007. | |
| Vie et Destin. Mots pour maux. René Solis. Libération. 6 février 2007. | |
| Vie et destin, un brûlot dangereux. Didier Méreuze. La Croix. 6 février 2007. | |
| Vie et Destin de Vassili Grossman. Joshka Schidlow. Télérama. 6 fev 2007. | |
| Baptême théâtral réussi pour "Vie et destin" de l'antitotalitariste Grossman. AFP. 5 février 2007. | |
| Crimes et déchirements. Laurence Liban. L'Express. 2 février 2007. | |
| Lev Dodine, une sentinelle contre l'oubli. Marion Thébaud. Le Figaro. 2 février 2007. | |
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Troupe de choc. Mariam Diop. Bonjour Bobigny. 30 janvier 2007. |
| A lire ou à relire | |
| Vassili Grossman Oeuvres Robert Laffont, Collection Bouquins. |
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| Vie et destin de Vassili Grossman Edition L'Age d'Homme | |
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Vie et destin de Vassili Grossman. Traduction Alexis Berelowitch avec la collaboration de Anne Coldefy-Faucard. Edition Livre de Poche. |
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Photos répétitions © Viktor Vasiliev
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Un terrain de volley-ball avec son filet comme un grillage, qui coupe en diagonale le plateau où sont placés un buffet, une table, un lit de fer, un piano et, dans le fond, une haute glace et une baignoire. C'est dans cet unique décor que va se dérouler Vie et destin de Vassili Grossman adapté par Lev Dodine qui nous fait passer du ghetto de Berditchev à un appartement moscovite ou à la ligne de front de Stalingrad, au goulag et à un camp nazi. Vie et destin, roman-fresque, devait être le Guerre et Paix du XXe siècle. Son auteur, Vassili Grossman (1905-1964) écrivain soviétique de renom, y faisait revivre l'URSS en guerre à travers l'histoire d'une famille dont les membres partageaient la vie quotidienne du peuple russe, depuis Stalingrad assiégée jusqu'à Treblinka libéré par l'Armée rouge. Mais, audace stupéfiante, l'auteur s'y interrogeait aussi sur la terrifi ante convergence du communisme de Joseph Staline et du nazisme d'Adolf Hitler. Et pour aggraver son cas, Vassili Grossman, co-auteur avec Ilya Ehrenburg du Livre noir sur l'extermination des juifs par les nazis sur les territoires de l'URSS, y revendiquait sa judaïté à travers l'évocation de la mère de son héros assassinée par les Einsatzgruppen. Envoyé en 1960 à la rédaction d'une des plus prestigieuses revues soviétiques de l'époque pour être publié, le roman fut aussitôt confi squé. Malgré ses protestations on assura à l'auteur que son roman ne serait jamais publié, en tout cas "pas avant 200 ans". Heureusement, le roman parut vingt ans après en Occident et fut aussitôt considéré comme une oeuvre majeure. Pour son adaptation, sur laquelle il a travaillé avec ses élèves et sa troupe pendant plusieurs années, Lev Dodine a choisi comme fil conducteur le chapitre emblématique de "la lettre de la mère" devenu ici récitatif qui rythme tout le spectacle. Comme une confirmation de Walter Benjamin : "La mort est la sanction de tout ce que relate le conteur. C'est de la mort qu'il tient son autorité". Ovationné à chaque représentation lors de sa création mondiale en février 2007 à la MC93, Vie et destin s'inscrit dans le répertoire du Théâtre Maly aux côtés de l'admirable Frères et soeurs. Toute l'oeuvre de Vassili Grossman est éditée dans la collection Bouquins - Robert Laffont |
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Photos répétitions © Viktor Vasiliev
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| Vassili Grossman
est né le 12 décembre 1905 à Berditchev,
l'une des «capitales» juives d'Ukraine, dans une famille,
non croyante, qui ne parlait pas yiddish. Après des études
à Kiev, puis à Moscou, il obtient son diplôme d'ingénieur
chimiste en 1929 et commence à écrire. Installé
dans la région du Donbass, il revient peu de temps après
à Moscou. Encouragé par Gorkii, il abandonne son premier
métier pour se consacrer entièrement à l'écriture.
En 1934, il publie un récit Dans
la ville de Berditchev sur la Guerre civile et un roman
Glückauf sur les mineurs du Donbass. Auteur prolixe d'un
roman en quatre parties, Stépane
Koltchouguine, l'histoire d'un ouvrier révolutionnaire,
et de nombreux récits, il a tous les titres pour être admis
à l'Union des écrivain en 1937.. |
| Rencotre avec Lev Dodine en 2006 | |
| Il se trouvait à Paris pour
la reprise de Salomé à lOpéra-Bastille. Je
lai rencontré le 13 septembre 2006. Michel Parfenov |
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| Vous avez choisi le roman Vie et destin de Vassili Grossman pour votre prochain spectacle alors que la société russe d'aujourd'hui ne souhaite manifestement pas revenir sur son passé. | |
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C'est bien cette capacité d'oubli,
cette volonté d'oubli, qui nous ont interpellé. Cela
concerne tout aussi bien l'Europe mais surtout, bien sûr, la
Russie. On a eu un moment l'espoir de voir le peuple russe affronter
ce passé. C'était à la fin des années
80, début 90. Mais ceux qui souhaitaient ce retour n'étaient,
en fait, qu'une petite minorité. Nous voulions croire que c'était
le peuple alors que ce dernier était fatigué de tout
cela. Et il s'est avéré que l'intelligentsia n'en pensait
pas moins. |
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| Comment est né le spectacle ? | |
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Comme toujours, comme pour Frères et soeurs, Gaudéamus, Claustrophobia, nos étudiants ont pris le texte du roman pour leurs exercices. Comme base de leur apprentissage. Au lieu de jouer abstraitement avec "le samovar, on boit le thé", nous avons voulu que cela se fasse avec les matériaux de Vassili Grossman. Apprendre la technique pure n'a pas de sens... d'abord des exercices abstraits puis ensuite la même chose mais avec du texte. Pourquoi ne pas y aller directement, l'apprenti-acteur doit jouer « à se baigner », bon, il se baigne, il se met à l'eau et puis après ' il n'y a pas de contenu. Au début, ils ne comprenaient rien au livre, ils l'ont bien relu vingt fois depuis qu'ils ont commencé jusqu'à l'examen de première année dont la dominante était le livre. Des bouts d'abord puis ils ont tout joué, enfin ils ont commencé à élaguer. Il y a un an, je leur ai donné une liste des passages dont nous aurions sûrement besoin. Un socle et ils ont encore éliminé, puis on a eu des regrets et on en a rétablis. L'an dernier, après avoir supprimé
définitivement un morceau, on s'est rendu compte qu'on avait
eu tort car une fois une ligne adoptée... disons, celle de
l'opposition, du contraste... il faut s'y tenir. Ainsi on voit le
physicien Strum, un des personnages centraux du livre, qui attend
d'être arrêté. Il a peur mais cela ne serait
que du bavardage si on ne montrait pas à ce moment-là
le goulag, ce qui se passe dans les camps. Sa peur prend un tout
autre sens. Ce n'est pas simplement quelqu'un qui a peur. |
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| Vos élèves connaissaient-ils le roman de Vassili Grossman à leur entrée à l'Académie ? | |
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Ils ne connaissaient pas plus le livre
que les événements qui en composent la trame. Ces jeunes
gens ne savaient rien si ce n'est qu'un grand homme, appelé
Staline, avait existé et qu'à son époque l'ordre
régnait, que ce n'était pas le bordel d'aujour'hui,
que la justice triomphait, qu'il n'y avait ni riches, ni pauvres.
Incroyable ! Ils ont entre 20 ans et 29 ans, la plupart
sont très jeunes. Un de leurs problèmes, comme ils me
l'ont confié, est leur difficulté à communiquer
avec leurs parents. Ils se sont adressés à eux pour
leurs poser des questions concernant les sujets qu'ils abordaient
dans leur travail sur Vie et destin
et ces derniers ne voulaient rien entendre. En fait les parents se
sont révélés presque tous « staliniens »,
que le père soit ouvrier ou bien "businessman", un
"businessman" de 40 ans, celui-là précisément
qui aurait été proprement liquidé à son
arrivée dans un camp de l'époque. Le cauchemar qu'était
le stalinisme est devenu un rêve idyllique. |
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| Comment avez-vous travaillé pour ce spectacle ? Comme pour Frères et soeurs vous êtes allés sur les lieux de l'action qui sont comme autant de lieux de mémoire ? | |
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Pour Vie et destin,
cela fut beaucoup plus difficile que pour Frères
et s'urs. Dans ce dernier cas, il suffisait d'aller à
la campagne, on connaissait déjà beaucoup de choses,
les petites vieilles étaient là qui pouvaient raconter.
Avec notre collectif, nous avons pu séjourner
à Norilsk, un des hauts lieux du goulag. Nous avons trouvé
un ossuaire dans la taïga, rencontré d'anciens zeks âgés,
des vieux et des vieilles. Cela avait d'abord pris un petit caractère
officiel mais la vodka aidant (celle que nous avions apportée),
le pain et le sel, les langues se sont déliées. C'étaient
surtout des paysans déportés parmi des dizaines de millions
de paysans. Beaucoup des survivants sont restés sur place et
ceux qui étaient repartis chez eux sont même souvent
revenus « c'était trop triste là-bas ».
Au début, ils nous disaient que cela n'avait pas été
si terrible que ça, qu'il n'y avait pas eu tellement d'horreurs
et puis dès qu'ils se sont mis à raconter, ils se sont
lâchés. |
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| Vous avez été à Stalingrad ? | |
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Non, car la guerre n'est pas présente dans le spectacle. Impossible de jouer la guerre et la paix. Il faut choisir. Impossible de tout mettre, nous avons choisi un format de 3 heures 30 avec deux entractes. Si nous l'avions fait en deux soirées, nous aurions dû dans ce cas inclure la guerre, ce qui n'était pas dans nos moyens... |
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| Combien d'acteurs ? | |
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Vingt-cinq en tout. Ce qui est peu pour une telle histoire. Des étudiants, des stagiaires, des acteurs chevronnés de la troupe. |
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| Et le décor, l'espace scénique ? | |
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Comme pour Gaudeamus, Claustrophobia,
Platonov, j'ai travaillé avec Alexis Porai Kochets. Je
crois que nous avons trouvé la solution : un espace unique
pour toute l'action. Un espace lyrique parce que chez Grossman
rien n'est purement épique, il y a un profond psychologisme,
un profond lyrisme. Les motifs lyrico-philosophiques doivent se fondre
et en même temps contribuer à la distanciation brechtienne.
On ne peut représenter Auschwitz sur scène alors que
ce serait possible au cinéma si on a le talent d'un Guerman.
Dans Kroustaliov, ma voiture,
le cinéaste a réussi, si ce n'est tout, du moins à
rendre l'atmosphère de l'époque, l'air du temps, la
facture. Au théâtre, c'est impossible. Il y aura des
motifs mais Auschwitz est impossible à représenter.
Pareil pour le goulag. On a bien trouvé un baraquement délabré...
Les lieux de l'action seront les suivants : le goulag, les camps
allemands symbolisés par Auschwitz, Moscou ( l'appartement
et l'institut de recherche), Kouïbichev, la ville de l'évacuation,
et pour finir, l'offensive des tanks de Stalingrad. Chez Grosman tout
est lié , tout est organique et Novikov qui commande l'offensive
des blindés, amoureux de Génia dont l'ex-mari, Krymov,
a été arrêté, trouve une liberté
incroyable grâce à cet amour jusqu'à désobéir
à un ordre de Staline pour épargner ses hommes. Le roman
de Grossman est rempli de motifs très fins comme celui-là.
Encore faudra-t-il les donner à voir et à entendre... |
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| Propos recueillis par Michel Parfenov le 13 septembre 2006 à Paris | |
| Maly Drama Theatre site |
| Résonance RFI. Benoît Ruelle, Marie-Noëlle Gindreau. Invité: Tzvetan Todorov, préfacier des «oeuvres» de Vassili Grossman, rééditées chez Robert Laffont |
| Pour une juste cause de Vassili Grossman - De Stalingrad à Staline. Article de Marie-Agnes Combesque, 27 mars 2001. L'Humanité. |
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Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme Hôtel de Saint-Aignan 71, rue du Temple 75003 Paris T 0153018660 |
