| RICARDO BARTIS |
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| Festival d'Automne à Paris |
| spectacle en espagnol surtitré |
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16 > 21 OCT
2007 Salle Christian Bourgois |
| Un spectacle de Ricardo
Bartís Musique Carmen Baliero Costumes Magda Banach Assistant de direction Martín Otero Assistante de production Lorena Regueiro
Coproduction El
Sportivo Téatral, Hebbel Theater-Berlin
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| Durée du spectacle 90 mn | |
| Pour réserver ce spectacle : | |
| Réservation en ligne MC93 | |
| Billetterie en ligne de la Fnac | |
| Par téléphone : 01
41 60 72 72 du lundi au samedi de 11h à 19h |
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| Pour les relais : 01 41 60 72 78 | |
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| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
| Pour en savoir plus : contact | |
| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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© Nussembaum
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Entre 1880 et 1910,
l'Argentine glisse dans une situation d'appauvrissement qui n'est
pas sans rappeler une période plus contemporaine de son histoire.
Ricardo Bartís, auteur
et metteur en scène, raconte cette période de l'histoire
à travers la vie quotidienne de deux familles bourgeoises soumises
à la déchéance et à l'éclatement. Cette dernière née de ses "tragédies argentines" De Mal en Peor s'est créée à partir des improvisations de la troupe El Sportivo Téatral, qui jouait dans le studio-théâtre de Ricardo Bartís. Cette configuration lui a donné d'emblée les allures d'un vaudeville mécaniquement rythmé et très parodique. Le jeu se déroule sous les yeux des spectateurs installés eux aussi dans le salon bourgeois, au plus près des personnages dont ils vont partager le désarroi et l'impuissance mais aussi la drôlerie, les mensonges et les cabrioles. Au milieu de la répression policière, des accidents politiques et des multiples galères, ces bourgeois vont tout essayer pour ne pas chuter dans le gouffre qui s'ouvre à leurs pieds. Comique du désespoir dans ce chaos, orchestré avec rigueur, où la folie des stratégies les plus élaborées par les membres de la famille entraînent les protagonistes dans une course désespérée qui balaye générosité et sentiments, à la recherche d'un magot constitué de bons du Trésor... En s'emparant de la tragédie d'une nation en crise, Ricardo Bartís porte très haut le désir d'un théâtre d'art engagé qui affronte son époque et fait tomber les masques, un théâtre dans lequel "jouer est une expérience hérétique, une activité révolutionnaire à l'encontre d'une société déshumanisée". |
| Dans la presse | |
| Le "mal" tient salon. René Solis. Libération, 17 oct 2007. | |
| Ricardo Bartís et Sportivo Teatral | |
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Avec sa compagnie Sportivo Teatral, Ricardo Bartis est le pivot d'une avant-garde intellectuelle et artistique très active de la capitale argentine Buenos Aires. Sportivo Teatral est le nom qu'a choisi Ricardo Bartís pour sa compagnie mais aussi pour le lieu où elle est installée. Fondé en 1981, dans un vieil atelier rénové loin du centre de Buenos Aires, Sportivo Teatral est un espace d'expérimentation et de recherche autour du jeu des acteurs. Au cours de ses premières années d'existence, Sportivo Teatral met en place et développe des ateliers de recherche et d'improvisation, en quête de procédés poétiques autonomes. Pendant cette période, Ricardo Bartís est invité au Festival international de Madrid et au Festival ibéro-américain de Cadiz pour présenter un travail traduisant son point de vue sur la question du langage. Cette démarche conduit à la création, fin 1988, de Postales Argentinas(Cartes postales argentines), de Audivert - Bartis - Ramos, premier spectacle que Sportivo Teatral signe en tant que compagnie. Sont ensuite créées d'autres pièces, comme Hamlet, o la guerra de los teatrosd'après Shakespeare (1991), Muñeca de Discépolo (1994), El Corte (1996), El Pecado que no se puede nombrar(Le pêché que l'on ne peut nommer) d'après des romans de Roberto Arlt (1998), Teatro proletario de cámaraà partir de textes de Lamborghini (1999), La última cinta magnéticade Beckett (2000), et Donde más duele(Là où ça fait le plus mal, 2003) ... Lorsque la compagnie se réunit pour travailler, ce n'est jamais en vue d'un spectacle prédéfini. Les répétitions s'échelonnent le plus souvent sur des mois, voire des années, au cours desquels peu à peu les recherches prennent corps et s'articulent. |
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| Ricardo Bartís | |
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2000 El Pecado que no se puede nombrar, de Roberto Arlt à la MC93 Bobigny - Festival d'Automne à Paris 2003 Donde mas duele (Là où ça fait le plus mal) au Théâtre National de Chaillot - festival d'Automne à Paris |
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| 2000 El Pecado que no se puede nombrar, de Roberto Arlt à la MC93 Bobigny - Festival d'Automne à Paris | |
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| 2003 Donde mas duele (Là où ça fait le plus mal) au Théâtre National de Chaillot - festival d'Automne à Paris | |
| Comment avez-vous écrit le texte De mal en peor ? Mis à part son contexte historique, cette pièce se fonde-t-elle sur des faits réels ? Quelles ont été vos sources d'inspiration ? | |
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Ricardo Bartís : « Mon
travail d'écriture n'apparaît qu'à la fin d'un
long processus d'essai. Cette fois-ci, nous nous sommes exercés
sur une partie de notre lieu qui nous plaisait parce qu'elle comportait
beaucoup de portes : cela nous permettait de travailler un peu
certains rythmes de vaudeville. Onze comédiens jouent dans
la pièce, et la présence des portes permettait de travailler
les entrées et sorties de onze corps sur un espace très
réduit. La petitesse de l'espace nous obligeait également
à être tous collés au mur, construisant ainsi
des sortes de frontispices, de tableaux, de peintures. Nous devions
donc être très attentifs à la manière de
se placer, afin que tous les corps puissent tenir ensemble sur scène.
Cette étape de réflexion a été extrêmement
intéressante. |
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| De mal en peor abonde en éléments narratifs et en péripéties | |
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Ricardo
Bartís : « On construit rythmiquement
un récit dans l'espace à partir des portes, des entrées
et sorties des corps. Le public observe ce que seraient les limites
de la maison familiale et aperçoit à travers les portes
les espaces où se trouvent les membres de la famille. Il peut
espionner la famille. Avant de rentrer dans la pièce, il traverse
une salle où la famille, pour pallier les difficultés
économiques et comme pour prendre part à sa propre décadence,
a organisé un musée. Le spectateur effectue donc une
sorte de parcours de l'histoire familiale. |
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| L'espace restreint contribue-t-il à un effet d'immersion totale du spectateur ? | |
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Ricardo
Bartís : « Nous avons la chance de travailler
dans un espace énorme, qui nous permet de choisir des endroits
insolites pour travailler. Nous avons choisi un espace où le
public serait limité, ce qui nous pose à l'heure actuelle
un véritable problème parce que la demande est bien
supérieure à la quantité de places que nous pouvons
vendre. A Buenos Aires, seules 35 personnes peuvent assister à
une représentation. Le spectateur est donc collé aux
comédiens, il peut voir chaque détail, il est complètement
immergé dans la scène et se sent interpellé.
Entre nous, nous ne parlons que de ceux qui sont dans la pièce,
jamais de ceux qui sont en dehors. Nous parlons de notre classe sociale,
de manière parodique et ironique. |
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| Dans un entretien avec Pierre Notte, vous déclariez : « Seule la mort peut faire la différence entre la fiction et la réalité » | |
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Ricardo Bartís : « Oui, je me réfère sûrement au fait que nous sommes en train de vivre une période très fictionnelle. Nous vivons dans un monde où le niveau de fiction emprunté à l'art théâtral et au jeu à des fins politiques est en train d'atteindre des proportions insupportables. Nous en sommes rendus au point de penser que le théâtre et le jeu n'ont plus aucun recours car tout devient jeu, ou tout devient théâtre. Le seul élément non fictionnel, qui place une limite claire entre la fiction et la réalité, reste la mort. Tout a quelque chose de virtuel et d'artificiel, et la réalité essaie toujours, pour nous ôter de la vue tout ce qu'elle produit d'insupportable, de créer une sorte de camp artificiel. |
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| Comment votre travail avec Sportivo Teatral est-il reçu en Argentine, et comment les choses ont-elle évolué ? Comment Sportivo a-t-il modifié votre manière de faire du théâtre ? | |
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Ricardo Bartís : « Comme l'indique son nom, Sportivo est une plaisanterie. Nous aurions pu nous appeler “centre des nouvelles tendances”, ou encore choisir l'un de ces noms modernes et avant-gardistes, mais nous avons décidé de nous jouer de cette préoccupation qui existe à Buenos Aires, ville influencée par les modes, surtout celles qui nous viennent d'Europe. Nous courions le danger, avec le théâtre, de nous prendre un peu trop au sérieux. Nous avons préféré prendre les choses à la plaisanterie. Tout le monde se fiche du théâtre. Seuls ceux qui le font s'en préoccupent, et nous tentons de fuir les canons du théâtre conventionnel, ou les prestiges du théâtre institutionnel. Sportivo est un espace de formation, on y donne des cours et on s'entraîne, entre metteurs en scène et comédiens ; cela fait déjà plusieurs années que nous produisons des spectacles de théâtre indépendant, et nous sommes considérés comme une scène importante dans le développement d'un théâtre alternatif. Je n'ai quasiment pas d'expérience théâtrale antérieure, Sportivo s'est monté à la fin des années 1970, on y a appris à produire des spectacles d'une autre manière, en sortant du marché, sans aucun espoir de succès, en partant du principe que l'on peut faire du théâtre autrement. Nos conditions économiques sont toujours un peu les mêmes, sans pour autant être stables car nous ne répétons jamais les mêmes expériences. Nous sommes un groupe ouvert. De temps à autre, nous nous retrouvons pour créer un projet avant de nous séparer de nouveau. Certains comédiens travaillent à la télévision, d'autres sont amateurs. Cela nous permet de confronter des réalités différentes. Sportivo est situé dans un très beau quartier appelé Palermo, dans une ancienne fabrique d'ambulances, un cadre auquel nous sommes très attachés. Nous sommes maintenant très suivis, mais nous aimerions parfois être confronté à un public plus mixte, plus militant, plus alerte à notre langage, qui est un langage critique et poétique. » |
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| Propos recueillis par Carmela Chergui et David Sanson | |
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4 > 12 octobre
2007 |
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